Fiche

Titre : Ad Astra
Edition : USA, 2019, 124 mn
Réalisation : James Gray – Scénario : J. Gray, Ethan Gross - Montage :Lee Haugen, John Axelrad – Photo : Noyte van Hoytema – Décors : Karen O ‘ Hara -Musique : Max Richter, Lome Balfe - - Distribution : 20th Century Fox Frace

Interprétation :

Brad Pitt (Roy McBride), Tommy Lee Jones (Clifford McBride),Ruth Negga (Helen Lantos), Liv Tyler (Eve McBride), Donald Sutherland (le Colonel Pruitt), Jamie Kennedy (Peter Bello)

Auteur

né en 1969, d’une famille juive d’origine russe. Très tôt passionné par le cinéma, admirateur de Coppola et de Scorsese, il réalise son premier film Little Odessa à 25 ans, Lyon d’Argent à Venise, suivi de The Yards en 2000. La relation tumultueuse au sein d’une famille étouffante est son thème favori (Two lovers, La Nuit nous appartient). En 2016, avec The Lost City of Z, il s’intéresse à un nouveau genre de cinéma.  Ad Astra « Vers les étoiles » est une nouvelle expérience.

Résumé

Présenté en Sélection Officielle La Mostra de Venise 2019. Vers 2120, Roy McBride, est ingénieur et astronaute de la NASA. Opérateur d’un télescope installé sur la Terre, sa station d’observation est détruite par une « surcharge » électromagnétique, une force inconnue venue de Neptune. Il est désigné pour une mission à la recherche de son père, disparu seize ans plus tôt, aux confins du système solaire et  pour percer le mystère des ondes. Mais plane (aussi) un secret de famille.

Analyse

S'il y a bien un thème qui traverse presque tous les films de James Gray, c'est la relation au Père, difficile, contradictoire, pleine de malentendus. On se souvient de ses premiers films, d’un style épuré, où le drame s’installe peu à peu jusqu’à son issue dramatique. Une thématique sur fond d'inconscient religieux et  oedipien qui perturbe la relation d’amour. De l’aveu même du réalisateur, s’attaquer à la réalisation d’un space opera n’a pas été chose facile. On le conçoit clairement. Le film carrément de science-fiction est en fait une nouvelle version du drame ancestral. James Gray sort de l’atmosphère confinée du Queens pour projeter le spectateur dans des espaces infinis, inhospitaliers, inhumains, et retrace, à haute dose d’effets spéciaux, le voyage vers le Père. Cela pourrait être émouvant, mais ça ne marche pas cette fois ci, osons le dire malgré notre respect à l’égard de l’un des meilleurs cinéastes américains actuels ! L’astronaute est missionné pour aller chercher son père disparu du côté de Neptune, dont la mission a tourné court, suite à une mutinerie de son équipe. Nous suivons donc Brad Pitt (sensationnel) qui va de la Lune à Mars et à Neptune. Après un dialogue difficile avec son vieux père (Tommy Lee Jones tel qu’en lui-même), il ne parvient pas à le ramener sur la Terre. Alors Roy revient seul, avec une sagesse nouvelle basée sur l’amour… Oui, oui, tout cela en 120 minutes chrono. Il va ramener de cette Odyssée une  philosophie personnelle.  Comme dans Gravity (Cuaron) le message fondamental est de revenir à l’humain, rien que l’humain.
Alain Le Goanvic