Retour à Protestantisme et société

Retour à l'accueil

Psaume 144

Psaumes 105

III. La place des religions dans la cité

(2005)

A. Le religieux dans l’espace public

Voici comment Lahouari Addi, sociologue, définit, dans la revue de Projet d’automne 2001, consacrée aux « religions dans la cité », la notion d’espace public : « (…) Lorsqu’une religion ne cherche plus à légitimer l’action politique, lorsqu’ellé ne dit plus le droit, bref, lorsqu’elle ne s’ingère pas dans les affaires politiques de l’Etat, elle a sa place dans l’espace public, portée par ceux qui croient et dont il faut respecter les croyances. Le malentendu le plus courant provient de ce que certaines personnes pensent que la religion, relevant de la vie privée, ne doit pas se montrer dans l’espace public. Mais ce malentendu découle d’une définition erronée de l’espace public perçu comme une juxtaposition étanche de l’espace privé, lui-même confondu avec l’espace domestique ou celui de l’intimité. Or l’espace public n’est pas un lieu physique ; il est d’abord un cadre de vie citoyen, lié à un concept politico-juridique : la sphère privée fondée sur la conscience individuelle. L’espace public est l’arène sociale dans laquelle un individu vit sa vie privée sous le regard public des autres individus privés. Il est peuplé de citoyens athées, agnostiques, catholiques, juifs, musulmans, etc., et non d’individus désincarnés qui n’auraient ni histoire ni attaches personnelles ou qui seraient dépouillés de leurs identités sociales et convictions religieuses. Si dans l’espace public, un athée doit cacher son athéisme, un chrétien ou un juif ou un musulman … ses convictions religieuses, c’est qu’il n’y a pas d’espace public. (…)

1. Données sociologiques

La religion dans la France d'aujourd'hui et le protestantisme en particulier.

2. Les protestants dans le débat

En mai 2005, le thème de discussion du synode national de l’Eglise réformée de France était Confesser Jésus-Christ dans une société laïque, Qu’est-ce qui fait autorité dans notre vie ; Ce thème, introduit par le pasteur Manoël, a aboutit à une décision synodale : Une autorité qui rend libre.

11 janvier 2005 : Le pasteur J.-A. de Clermont, président de la Fédération protestante de France satisfait de sa rencontre avec le Premier Ministre

En novembre 2004, à Lourdes, devant l’assemblée plénière de la conférence des Evêques de France, le président de la Fédération protestante de France se déclare soucieux, avec l'Eglise catholique « de défendre un cadre laïc garant de la liberté de conscience, du libre exercice des cultes, et de la liberté d'expression » et de pointer un certain nombres de dérives discriminatoires à l’encontre d’Eglises protestantes, notamment évangéliques.

27 Mars 2004 : Les protestants défendent le droit à une expression sociale des religions.

Le théologien Jean-François Collange , membre du conseil national de la Fédération protestante de France, analyse la tension qui s’opère aujourd’hui entre « Universalité et respect des différences » ; il prône contre les replis identitaires qui traversent notre société, une laïcité ouverte, qui n’interdit pas le témoignage, lequel n’est ni dénigrement, ni violence faite à l’autre (Livre Blanc de la commision d’éthique de la FPF, 1998).

En février 1998 dans sa très riche allocution à la séance solennelle de commémoration du quatrième centenaire de l'Edit de Nantes, le théologien Michel Bertrand, alors président du conseil national de l’Eglise réformée de France s’exprime en ces termes : « (…) Pour autant, la laïcité ne saurait réduire la foi à une « offre privée », ne exiler la religion hors de l’expression publique ». Et de souligner plus loin « nécessaire dimension sociale des religions » 

En 1989, catholiques et protestants expriment ensemble la volonté des Eglises chrétiennes de contribuer aux débats publics dans le cadre d’une société laïque.

B. L'enseignement privé en France

Lors de sa session, des 20-21 février 1982, le Conseil de la Fédération Protestante de France s'est entretenu du débat sur l'enseignement privé

C. La loi sur l ’interdiction du port de signes religieux à l’école

Le 8 décembre 2003, C’est au tour du Conseil des Eglises Chrétiennes en France (CECEF) de prendre position dans une «  lettre à Monsieur Jacques Chirac, Président de la République » : les Eglises catholiques, protestantes et orthodoxes se prononcent contre une loi interdisant le voile.

En novembre 2003, la Fédération protestante de l’Enseignement prend à son tour position : Contribution de la Fédération protestante de l'enseignement, à la réflexion sur la laïcité, envoyée à Bernard Stasi

18 décembre 2003, après que la commission STASI ait rendu son rapport la Fédération protestante de France réagit au discours prononcé par le président de la République sur la laïcité.

Le 16 septembre 2003, Le pasteur J.A. de Clermont exprime devant la commission STASI la position du conseil national de la FPF : LAÏCITE : LA SOLUTION EST DANS LE DEBAT.

D. L’enseignement de l’histoire des religions à l’école

- Les deux Europes de la religion à l’école, 2007, par Claude Demissy, sur Point KT

- Enseignement religieux protestant en Allemagne, Suisse et France, déc. 2003, par Gérard Janus

- Le Rapport Debray, février 2002

- Les enjeux de l'enseignement des religions à l'école, 1998, par Jean Baubérot

- Approche laïque de la religion : un non-sens ou un espoir?, 1996, par J.C. Widmann

- La culture religieuse et l'école : une prise de position de la Fédération protestante de l'Enseignement, 1992

E. L’Europe et les religions

Le sociologue Jean-Paul Willaime déclarait devant la commission Stasi, le 21 novembre 2003, que « L'Europe est une chance pour la laïcité ».

De son coté, la Fédération protestante de France, consacrait dans le document « Contribution aux débats sur l’avenir de l’Europe », une annexe à la place des Eglises et communautés religieuses. Elle appelait de ses vœux une consultation « institutionnalisée » des Eglises au même titre que sont consultés syndicats, ONG et autres institutions de la société civile.

Dans son article 51, la Convention européenne (Juillet 2003) définit le statut des églises et des organisations non confessionnelles.

La Fédération protestante de France avait souhaité que la mention explicite des religions figure dans le projet de "Préambule" de la Convention européenne (15 juin 2003) ; Jean-Arnold de Clermont livre sa conception de l’Europe dans une article paru dans la revue Construtif, toujours en juin 2003 : Construire une Europe laïque.