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Les protestants défendent le droit à une "expression sociale" des religions

PARIS, 27 mars 2004 (AFP)

La fédération protestante de France (FPF), réunie samedi à Paris en assemblée générale, a défendu le droit pour les religions à une "expression sociale", qui ne soit pas cantonnée aux questions éthiques.

Son président, le pasteur Jean-Arnold de Clermont, s'est inquiété d'une "tendance" dans la société civile "qui voudrait que les religions n'aient plus droit à la parole en tant qu'Eglises" et qui définirait la laïcité "comme un rejet de l'identité religieuse".

Devant des journalistes, il a cité deux exemples : le récent refus, par le conseil d'administration du lycée Lamartine à Paris, de confier à une psychologue un atelier de discussion avec des parents d'élèves, au prétexte qu'elle serait par ailleurs membre d'une association protestante. Et le refus par des caisses d'allocation familiale d'accorder des bons vacances à des enfants participant à des séjours prévoyant expressément des temps de prière dans leur activité.

"Pourquoi faudrait-il que la conviction religieuse ne puisse s'exprimer que dans l'intimité", a demandé le pasteur de Clermont devant les délégués de la FPF.

"La foi a une expression sociale, elle impose des choix de vie qui nous entraînent dans le débat public, sans que celui-ci se limite aux questions relatives à la naissance, la mort et quelques sujets éthiques où notre parole serait attendue", a-t-il ajouté.

Le président de la FPF rejoint sur cette question l'Eglise catholique. Le président de !a conférence épiscopale Mgr Jean-Pierre Ricard avait souligné en novembre 2003 à Lourdes que l'Eglise voulait "prendre sa part" dans la construction "d'un ensemble solidaire des Français", et refusait de "réduire son rôle au seul gardiennage d'un patrimoine culturel".

Le pasteur de Clermont a notamment épinglé des propos du ministre de l'Education Luc Ferry qui avait déclaré le 4 février devant les députés que "toutes les religions ont dû ou devront encore faire un effort pour passer de la sphère publique où elles dominaient la vie politique à la sphère privée de l'intimité et de la conviction".

Le président de la FPF a réitéré ses critiques envers la loi sur le port de signes religieux à l'école, "la soi-disant loi sur la laïcité qui s'intéresse plus aux effets qu'aux causes et, pour l'heure, a permis d'exorciser le 'mal' plutôt que de s'y attaquer".

II a cependant souligné que les protestants se sont "tout à fait reconnus" dans les orientations de la commission Stasi : "lutte contre les discriminations, code de la laïcité, observatoire de la laïcité..,".

Le pasteur de Clermont s'est par ailleurs inquiété d'une "suspicion" visant le protestantisme évangélique, par le biais d'un "amalgame" avec certains courants fondamentalistes protestants aux Etats-Unis.

"Evangélique, cela veut dire qui se réfère au message de Jésus-Christ", a-t-il précisé. Rappelant que plusieurs Eglises membres de la FPF se définissent explicitement comme "évangéliques", il a invité à ne pas "céder au terrorisme intellectuel qui voudrait qu'un met doive être évité sous prétexte qu'il est utilisé ici ou là de manière critiquable".

La FPF regroupe 17 Eglises et 75 oeuvres et mouvements, représentant 900.000 fidèles.